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Le second tour de la présidentielle vu d'un immeuble du Val Fourré - Manty Blog

Le second tour de la présidentielle vu d’un immeuble du Val Fourré

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Dimanche 7 mai au soir, dans une tour du Val Fourré, les familles ont les yeux rivés sur l’écran télé. Dans chaque appartement, un écho politique différent avec en toile de fond la résignation.

Il est bientôt 20h, au 305 D, un appartement dans un immeuble du Val Fourré à Mantes-la-Jolie. Six adultes sont assis devant la télé, ils lancent de temps à autre une blague comme pour détendre l’ambiance. Les enfants, quatre en tout, âgés de 3 à 8 ans, s’apostrophent, crient, rient et courent dans tous les sens. Tous attendent les résultats de l’élection présidentielle.

20 heures, les visages des deux candidats s’affichent enfin. Emmanuel Macron l’emporte sur sa rivale Marine Le Pen. Les enfants poussent des cris de joie et entament une petite chanson victorieuse « Macaron a gagné, Macaron a gagné, Le Pen ne va pas nous renvoyer en Algérie ! ». Parents, grands-parents, oncles et tantes ressentent un soulagement teinté d’amertume. Tous ont eu le sentiment de faire « leur devoir » en allant voter pour faire barrage au FN. Sarah, préparatrice en pharmacie et maman de deux enfants n’a pas voté de gaieté de cœur, « j’ai voté après 17h pour montrer que je ne suis pas pour Macron, que j’ai voté simplement contre Marine ». Elle avait même signé une pétition sur internet : « Bloquer Le Pen sans soutenir Macron c’est possible », qui proposait cette solution alternative au vote Macron-Le Pen.

Cette famille Française d’origine algérienne, arrivée à Mantes-la-Jolie à la fin des années 90, a voté pour Mélenchon au premier tour après des semaines de débats portant sur les candidats, leur parti et leur programme. Ils n’étaient pas d’accord au départ sur le candidat à choisir. Salim le grand-père de 60 ans, conducteur de cars toujours en activité, avoue, en remontant ses lunettes sur le bout de son nez : « celui qui devait passer c’était Juppé ». Amir, la trentaine, professeur chercheur en automatisation des véhicules, passe une main agacée sur son visage et acquiesce : « les primaires ne servent à rien, ils ont essayé de la faire à l’américaine, mais ça a juste chamboulé le système politique français ». Ils reviennent sur le programme du nouveau président, reprennent quelques propositions qu’ils trouvaient plutôt bien. Pourtant c’est presque à contrecœur et à défaut d’avoir le choix qu’ils acceptent de lui laisser une chance. « Peut-être qu’il fera de bonnes choses » conclut Anis, l’époux de Sara, informaticien, qui fêtait ses 40 ans ce même soir.

Quelques étages plus bas, dans l’appartement 133 D, Aminata, jeune maman de quatre enfants, par choix, n’a pas voté aux deux tours des élections. Elle suit les infos d’un œil distrait, le combat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron ne l’intéresse pas plus que ça. « Avant je votais, si j’avais voté je l’aurais fait pour Mélenchon parce qu’il comprend les gens ». Elle ajoute, « par contre j’ai suivi la campagne parce que ça m’intéresse, mais après le premier tour c’est devenu inintéressant ». Pour cette jeune maman, sans emploi, il n’y a rien à craindre de Marine Le Pen. « Même si elle était passée Le Pen, qu’est ce qu’elle allait faire ? Tous les politiciens promettent des choses qu’ils ne font pas ». Sa sœur et l’époux de celle-ci sont ses invités ce soir, les soupirs de soulagement qu’ils poussent à la vue du résultat, Aminata ne les partage pas « pour moi le résultat c’est sans plus, quoi ».

Au 6ème, dans l’appartement 306 G, l’ambiance est calme. La famille de monsieur Arif est autour de la table. Il suit avec ferveur la politique. Pour lui, il n’y a pas de doute « il faut voter ! ». Amina, sa fille, grande brune au visage pâle, bientôt 28 ans, avoue « moi la politique je n’y connais rien, de toute façon les hommes et les femmes politiques sont tous les mêmes ». Amina est allée voter aux deux tours des élections présidentielles. Son choix, arrêté en famille, s’est porté sur Emmanuel Macron dès le premier tour. Pour autant, elle ne prétend pas avoir voté par conviction, « personnellement je vote pour voter, je vote parce qu’il faut le faire et parce que c’est important de voter pour éviter que quelqu’un qu’on ne veut soit élu. Mais, sans plus ». Emmanuel Macron n’est pas porteur des espoirs d’Amina, « franchement j’attends rien de lui, pour moi cela ne va rien changer » elle espère juste qu’il ira jusqu’au bout de « ses propositions de projets de loi ».

Au 7ème et dernier étage de l’immeuble résident Elif et sa famille d’origine turque. Les parents d’Elif ne peuvent pas voter, n’étant pas Français. Elle est donc la seule de sa famille à s’être présentée devant les urnes ce matin. « Je ne savais pas pour qui voter, la politique c’est pas trop mon truc, j’ai demandé autour de moi ». Elle s’est tournée vers son fiancé pour choisir son candidat, « au premier tour on a voté Fillon, c’est le seul qui avait un bon programme ». Ne connaissant pas les différents candidats elle n’avait pas spécialement de points de comparaison. Mais elle était cependant certaine qu’elle ne voterait pas pour Jean Luc Mélenchon « il est pour le PKK [ndlr : Parti des travailleurs du Kurdistan] et nous… ». Au second tour, la question ne se posait pas. Pour Elif, il fallait empêcher Marine Le Pen d’accéder au pouvoir et puis : « peut-être qu’avec Macron il y aura plus de travail. Et en plus il enlève la taxe d’habitation ! »

Son fiancé, Erkan, entrepreneur en BTP, a pris le soin d’éplucher les programmes et affiches avant de choisir : « Marine, je l’ai mis directement de côté ». Deux groupes de candidats se présentaient à lui en plus de François Asselineau qui lui plaisait bien, mais qui selon lui n’avait aucune chance. Il s’agissait alors pour Erkan de choisir entre Benoit Hamon et Emmanuel Macron d’un côté et François Fillon de l’autre. Il explique : « Macron et Hamon c’est les petits de Hollande et Fillon c’est le petit de Sarko ». À ses yeux, Fillon se distingue. C’est le seul qui « avait un programme qui tenait la route, même s’il a volé. Mais ils ont tous volé ». Au second tour, c’est Macron que leur voix ont supporté, sans pour autant attendre grand-chose de sa politique. Résignée comme beaucoup, Elif conclut : « franchement eux tous, ils sont inutiles ».

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